Les chiffres

La charge mentale des mères : ce que disent les chiffres

« J'ai l'impression de tout porter » n'est pas une impression : c'est ce que mesurent, enquête après enquête, les statistiques françaises sur le partage du travail domestique et parental.

Le temps domestique reste très inégal

Selon l'enquête Emploi du temps de l'INSEE, les femmes consacrent en moyenne environ 3 h 26 par jour aux tâches domestiques et parentales, contre environ 2 h 00pour les hommes. Presque une heure et demie d'écart, chaque jour — soit l'équivalent de plusieurs semaines de travail à temps plein sur une année.

Source : INSEE, enquête Emploi du temps. Les ordres de grandeur varient peu d'une édition à l'autre.

Et la charge mentale penche encore plus

Les heures ne racontent qu'une partie de l'histoire : la direction du foyer — anticiper, organiser, garantir — est encore plus concentrée. D'après le baromètre IFOP 2024 sur la charge mentale, entre 7 et 8 mères sur 10déclarent porter l'essentiel de la charge mentale domestique et parentale de leur foyer.

Source : IFOP, baromètre 2024 sur la charge mentale des mères.

Autrement dit : même quand l'exécution se partage mieux qu'avant, le rôle de « chef de projet familial » — celui qui pense à tout — reste massivement attribué à la même personne.

Pourquoi le ressenti compte autant que les heures

Deux foyers avec la même répartition horaire peuvent vivre des réalités très différentes : la charge ressentiedépend de ce que chacun porte mentalement, pas seulement du temps passé. C'est pour ça que les outils sérieux de mesure de la charge de travail — comme le NASA-TLX, utilisé depuis des décennies en ergonomie — interrogent le vécu : pression mentale, pression du temps, effort.

Appliqué au foyer, le principe est le même : pour savoir où vous en êtes vraiment, il faut croiser qui porte quoi (les 4 faces de la charge) et ce que ça coûte à chacun.

De la statistique à votre salon

Les moyennes nationales décrivent une tendance ; elles ne disent rien de votre foyer. La seule façon de le savoir, c'est de le mesurer — calmement, à deux, sans en faire un procès. C'est exactement le point de départ que propose Keurzen : rendre visible ce que chacun porte, pour pouvoir en parler à partir des mêmes faits.